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Interview de Henry Bouchet, Directeur Général Délégué de Xelya

09 juin 2025

SDDS : Xelya vient de fêter ses 20 ans, avec 230 collaborateurs. Pouvez-vous nous décrire les débuts de cette aventure entrepreneuriale ?
Henry Bouchet :
L’histoire démarre en 2005, lorsque mon frère Cyril et Blaise Lepeuple, son camarade de l’INSEAD, décident de créer l’entreprise après leur diplôme. Lors d’un repas de famille, j’apprends leur projet alors que je viens d’obtenir une proposition chez Accenture. Mon frère me propose de les rejoindre. Grâce à ma formation en management des systèmes d’information, j’apporte une compétence d’interprète entre utilisateurs et développeurs — ce qu’on appellerait aujourd’hui un Product Manager. Nous avons ensuite formé un quatuor avec Diane, l’épouse de Cyril, qui a également rejoint l’équipe de départ.


SDDS : Depuis l’entreprise s’est beaucoup développée et Xelya s’est transformée en “entreprise libérée”. Pourquoi ce choix ?
Henry Bouchet : La crise du Covid en 2020 a été un moment de bascule. Nous avions une croissance de 40 % par an, mais à ce rythme, l’organisation s’essoufflait, moi y compris. Le ralentissement dû à la pandémie nous a donné l’espace nécessaire pour réfléchir. Nous avons voulu concilier performance et bien-être. C’est ainsi que nous avons opté pour un modèle fondé sur l’autonomie et la responsabilité, inspiré notamment du livre Reinventing Organizations de Frédéric Laloux. Depuis 2021, Xelya fonctionne avec onze équipes autonomes de 20 à 25 personnes, sans managers ni directeurs.


SDDS : Vous avez également changé le nom de l’entreprise. Pourquoi passer de ColibriWithUs à Xelya ?
Henry Bouchet :
Le nom initial était long et nous avons découvert qu’il n’était pas si apprécié que cela en interne. Notre positionnement « d’opérateur des PME 3.0 » nous cantonnait aux early adopters, ce qui freinait notre croissance. Nous avons donc repensé notre identité. Xelya combine le symbole de l’olivier, rattaché à Athéna, déesse de l’intelligence et la lettre « X », clin d’œil à la multiplication et aux noms de nos produits. Ce changement de nom a marqué un tournant stratégique et culturel.


SDDS : Votre organisation se distingue aussi par une forte dynamique RSE. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Henry Bouchet :
Notre démarche RSE est collaborative. Tous les collaborateurs peuvent proposer un projet via une plateforme de crowdfunding interne. Une fois financé par leurs pairs, l’entreprise s’engage à le réaliser. Cela a permis de soutenir des actions concrètes comme des fresques du climat, des ruches urbaines, l’association « Les Bouchons d’Amour » ou des marches solidaires. Récemment, nous avons entamé une démarche de certification « B Corp » afin de structurer et formaliser davantage notre engagement.

SDDS : Vous investissez également dans l’intelligence artificielle. Quels sont vos axes de développement ?
Henry Bouchet :
Nous intégrons des IA tierces dans nos ERP, comme “GenIA-L” de l’entreprise Lefebvre Dalloz dans notre logiciel pour avocats. Grâce à l’intégration contextuelle, l’IA devient plus pertinente en comprenant automatiquement le dossier juridique en cours. Côté médico-social — secteur qui représente 70 % de notre activité — nous développons nos propres outils autour de trois axes :

  • Optimisation des plannings : réduire les kilomètres parcourus par les intervenants auprès des clients, ce qui optimise leur temps de déplacement et permet d’économiser du CO₂ à grande échelle ;
  • Détection de la perte d’autonomie : grâce à l’analyse automatique des cahiers de liaison numériques, nous repérons les signaux faibles de dégradation de la santé des personnes âgées clientes des entreprises de services à la personne ;
  • Aide à la rédaction : l’IA transforme les grilles d’évaluation des besoins, en projets personnalisés d’accompagnement rédigés. Cela permet que ces grilles soient mieux utilisées. Ces innovations sont co-construites avec nos clients dans une logique agile.

SDDS : Xelya a récemment adhéré à la SDDS. Pourquoi maintenant ?
Henry Bouchet :
Nous connaissions la SDDS depuis plus de dix ans, mais aucun porteur n’avait émergé en interne pour accompagner le projet, ce que nous avions estimé indispensable. C’est avec l’arrivée de Stéphanie Vantorre que nous avons franchi le pas. Par ailleurs, nos clients devenant plus matures, certains nous ont incités à rejoindre l’association. Aujourd’hui, nous sommes présents dans les trois groupes de travail : social, fiscal et RH.
L’utilité de la SDDS s’est révélée très concrète. Par exemple, grâce à sa newsletter, nous avons découvert l’obligation de certification des logiciels de caisse à compter de février 2025, un sujet que nous n’avions pas repéré malgré notre veille.

SDDS : Vous avez évoqué un engagement possible dans les actions de lobbying. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Henry Bouchet :
J’ai acquis de l’expérience dans ce domaine, notamment via mon mandat de vice-président de CroissancePlus. J’interviens régulièrement auprès des ministères de la Santé ou de l’Économie pour défendre les intérêts des éditeurs. Ce rôle d’interlocuteur entrepreneur est crucial : face à l’administration, il faut des gens de terrain pour alerter sur les conséquences concrètes des textes. Je serais heureux de mettre cette expertise au service de la SDDS.

SDDS : Pour conclure, un mot sur vos loisirs ?
Henry Bouchet :
Avec mon épouse, nous avons quatre enfants… tous basketteurs ! Le basket est une passion familiale et nous passons nos week-ends sur les routes à suivre les matchs de compétition de nos enfants. Cela nous apporte un bel équilibre entre vie professionnelle et personnelle.