
Interview de Grégoire GUIBAL, Directeur Général Associé de Cantoriel
23 avril 2025
SDDS : Vous êtes Directeur Général Associé de Cantoriel. Pouvez-vous nous présenter votre parcours et celui de l’entreprise ?
Grégoire Guibal : Après 17 ans passés chez ADP, j’ai rejoint Cantoriel il y a sept ans, à l’occasion du rachat de l’entreprise par ses collaborateurs et moi-même. Cantoriel, fondée en 1993, était alors en phase de transmission avec son dirigeant historique, François Biette, qui partait en retraite. Les salariés, attachés à leur entreprise, ont décidé de racheter la société, soutenus par quelques investisseurs. Sur les 17 salariés présents à l’époque, 14 sont toujours là aujourd’hui. C’est cette aventure humaine qui m’a séduit, bien plus que la seule prise de direction qui est intervenue dans un second temps. Initialement recruté pour le développement commercial, j’ai pris la direction générale après la crise du Covid. Ce qui m’anime, c’est de définir une stratégie globale, de la mettre en œuvre pour nos clients, nos collaborateurs et assurer la pérennité économique de l’entreprise.
SDDS : Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre Cantoriel ?
Grégoire Guibal : Trois éléments ont été décisifs. D’abord, l’envie de rejoindre une structure à taille humaine, où les décisions se prennent au plus près du client et des collaborateurs. Ensuite, l’outil développé en interne par Cantoriel : une solution RH très complète et puissante, conçue sans rachat externe, uniquement par développement. Enfin, le potentiel de croissance : nous avons plus que doublé notre chiffre d’affaires en cinq ans, le tout porté par une équipe fidèle et engagée.
SDDS : Cantoriel est spécialisée dans les solutions RH. Quelle est votre approche ?
Grégoire Guibal : Cantoriel propose un système intégré couvrant la paie, la gestion administrative, la gestion des temps, et le SIRH. Nous avons choisi de concentrer notre expertise sur des secteurs spécifiques, en personnalisant nos solutions aux besoins métiers de nos clients. Notre philosophie est simple : partir du métier pour adapter l’outil, et non l’inverse. Par exemple, pour les bailleurs sociaux, nous intégrons des fonctionnalités permettant de calculer les charges récupérables liées aux gardiens d’immeuble. Dans les industries électriques et gazières, nous gérons des avantages spécifiques directement dans le bulletin de salaire. Nous restons un éditeur intégrateur français, avec une équipe locale à Saint-Herblain, près de Nantes. Notre force réside dans notre capacité à concevoir, installer et accompagner nos solutions en mode SaaS ou sur site, avec une équipe qui connaît les métiers de nos clients.
SDDS : Sur quels secteurs d’activité vous concentrez-vous ?
Grégoire Guibal : Nous nous sommes spécialisés dans cinq secteurs :
• Les bailleurs sociaux : gestion complète des charges récupérables et RH spécifiques.
• Les industries électriques et gazières : gestion des avantages salariés complexes.
• Les intermittents du spectacle : capacité à gérer de fortes variations d’effectifs.
• Les statuts mixtes public-privé : comme les EPIC ou anciens établissements publics
• Le médico-social : principalement les EHPAD sous conventions collectives CCN 51 et 66.
Notre stratégie est claire : capitaliser sur ces secteurs sans se disperser. Nous privilégions la fidélité client, qui génère de nouvelles opportunités par recommandation.
SDDS : Depuis quand connaissez-vous l’Association SDDS ?
Grégoire Guibal : J’ai entendu parler de la SDDS il y a plus de 25 ans, durant mes premières années chez ADP. À l’époque, je connaissais son rôle d’interface entre les éditeurs et les pouvoirs publics, sans forcément en identifier tous les rouages. Chez Cantoriel, au départ, notre priorité était la stabilisation interne. Aujourd’hui, avec une société mieux structurée et renforcée, nous avons adhéré naturellement.
SDDS : Allez-vous participer aux groupes de travail de l’Association ?
Grégoire Guibal : Oui, nous avons récemment travaillé le sujet en interne pour affecter les porteurs sur les commissions ciblées. Dès que possible désormais, nos collaborateurs dédiés sur la DSN, la gestion des talents ou l’index égalité F/H participeront aux groupes de travail pour partager leur expertise et s’impliquer davantage.
SDDS : Comment percevez-vous l’impact de l’intelligence artificielle dans votre secteur et chez Cantoriel ?
Grégoire Guibal : Nous avons lancé un programme d’intégration de l’IA, soutenu par la Banque Publique d’Investissement. Trois axes sont prioritaires :
• Développement : renforcer la qualité et la sécurité de nos logiciels.
• Support : améliorer l’expertise et la réactivité de nos équipes.
• Client : intégrer des solutions d’IA dans notre SIRH pour offrir plus de transparence et d’autonomie à nos utilisateurs.
Nous structurons notre approche en désignant des responsables IA dans chaque service pour accompagner cette transformation de manière progressive et maîtrisée.
SDDS : Quels sont vos projets pour l’avenir ?
Grégoire Guibal : Notre priorité est de continuer à développer nos cinq secteurs d’activité existants. Nous faisons de la veille sur de nouveaux marchés, mais sans précipitation. La stratégie est de consolider notre position actuelle avant d’envisager une diversification future.
SDDS : Pour conclure, parlez-nous un peu de vous…
Grégoire Guibal : Je suis passionné de tennis, classé 15/3. Je joue essentiellement en équipe dans les championnats régionaux. L’esprit collectif, que ce soit au travail ou dans le sport, est essentiel pour moi. Je suis également très attaché à ma famille, étant marié depuis 30 ans, père de trois enfants, dont l’un est déjà actif professionnellement. L’équilibre entre travail, famille et sport est à mon sens fondamental.


